Histoire
L'histoire ancienne du domaine de La Pointe est à ce jour mal connue.
Au début du 19ème siècle, le château appartenait à la famille Chaperon, vieille famille libournaise à qui l'on doit la construction de l'élégante demeure de style Directoire.
Corps de logis central flanqué de deux ailes, le bâtiment s'inscrit avec majesté dans le parc aux arbres séculaires.
Le charme des lieux n'est sans doute pas totalement étranger à l'obtention du titre envié de "château", exclusivement attribué alors à deux domaines de Pomerol, dont La Pointe.
A cette époque, comme en témoignent des actes datés de 1845, la contenance du domaine est à peu près identique à celle que nous connaissons aujourd'hui
Le véritable essor du château La Pointe date de la fin du second Empire.
Il est impulsé par le nouveau propriétaire des lieux, M. Grandet.
En 1868, dans l'ouvrage de Ch. Cocks "Bordeaux et ses vins", E.Féret inscrit le domaine sur la première liste des crus pomerolais et, parlant des vins de La Pointe : "ils se recommandent par de la finesse, du bouquet et une jolie couleur".
Le château La Pointe a été acquis en 1941 par le grand-père de Stéphane d'Arfeuille dont les efforts incessants, depuis 1975, ont confirmé à l'envi l'appréciation de Féret.

Terroir

Le domaine de La Pointe, qui doit son nom à la géométrie particulière de son vignoble, est situé dans la partie sud-ouest de l'appellation Pomerol, près de la ville de Libourne.
 
Trois types de sol bien identifiés cohabitent sur son terroir : sableux, sablo-graveleux et argileux.
Le sous-sol est composé de crasse de fer dont on s'accorde généralement à dire qu'elle est responsable des délicats arômes truffés des grands vins de Pomerol.
 
L'excellent drainage des sols permet d'attendre la maturation optimale du raisin, même dans les périodes de fort ruissellement.
Cette disposition sert particulièrement la cause du cabernet, qui est régulièrement vendangé dix à douze jours après le merlot.
Vignoble
Le vignoble de 21 hectares, âgé de 35 ans environ, est renouvelé par petites parcelles, de façon à ne pas dénaturer les données du terroir.
Le cabernet est surtout planté sur les sols sableux, le merlot sur les terrains graveleux et sablo-graveleux.
L'encépagement, tout à fait représentatif de l'appellation, se répartit ainsi :
- 75% de merlot auquel le vin de La Pointe doit sa souplesse et son velouté,
- 15% de cabernet sauvignon, qui lui apporte sa belle ossature et son aptitude au vieillissement,
- 10% de cabernet franc qui agrémente l'ensemble de ses notes délicatement fruitées. Pour Stephane d'Arfeuille, c'est le travail de la terre qui conditionne l'équilibre sol-plante.
L'amendement reste un palliatif. La formule traditionnelle des quatre façons (deux labours de chaussage, deux de déchaussage) est la plus apte à favoriser une bonne aération et un bon entretien des sols.
"Traité comme un jardin", selon la formule de Stéphane d'Arfeuille, le vignoble affiche en permanence une belle ordonnance qui atteste l'option qualitative des propriétaires.
 
La maîtrise des rendements constitue la pierre angulaire d'un raisonnement qui vise à rechercher la qualité optimale de la récolte.
Force est de constater que l'évolution technique, en permettant de faire face à un certain nombre d'aléas naturels, a contribué à aggraver la problématique des rendements.
Qu'il s'agisse des progrès dans la prévention des maladies de la vigne, de la sélection plus rigoureuse des porte-greffe et des clones, ou encore de la complantation systématique des pieds manquants.
Pour juguler des rendements nécessairement accrus, Stéphane d'Arfeuille a opté pour leur maîtrise naturelle, qui préserve au mieux l'équilibre du vignoble.
Il s'agit, en additionnant les interventions traditionnelles, d'induire des rendements satisfaisants.
Cette volonté est confortée par une stratégie minimaliste d'amendement.
Les engrais ne doivent pas "pousser" la vigne. Ils sont administrés avec parcimonie et visent strictement à combler le déficit annuel en maintenant le végétal en bonne santé.
"La finalité est de procéder à un ré-équilibrage des sols et d'ébaucher un pronostic pour l'année suivante" précise Stéphane d'Arfeuille.
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